Tout comprendre sur la fête des morts au Mexique et dans le reste de l’Amérique du Sud

Parmi les millions de traditions et de célébrations des différentes cultures à travers le monde, le jour des morts, notamment au Mexique, attire l’attention à l'échelle internationale. Le squelette emblématique peint sur les visages, les fleurs colorées, la musique, la nourriture et les célébrations joyeuses ont suscité la fascination et l’intérêt, même de cultures très différentes.

Il y a plusieurs choses essentielles à connaître sur cette fête des morts, telles que ses traditions, ses rituels et son symbolisme, qui enrichissent la compréhension de l'événement.

 
 

Dans cet article, nous explorons les origines, les différentes célébrations régionales et la signification culturelle de cette fête unique.

 

Qu'est-ce que la fête des morts ?

Le Día de los Muertos ou Jour des Morts est une célébration emblématique dans toute l'Amérique Latine et particulièrement au Mexique.

Le gouvernement mexicain décrit la fête des morts comme une célébration de la mémoire et un rituel qui privilégie le souvenir sur l’oubli. Mais pourquoi la fête des morts a-t-elle acquis une telle importance ?

Bien que le film Coco de Disney en 2017 ait donné une plus grande visibilité en développant une histoire basée sur les traditions mexicaines pendant le "Jour des Morts", l’UNESCO avait déjà reconnu son importance en 2008 en l'ajoutant à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

Quelle est l'origine de la fête des morts ?

Cette tradition trouve ses racines dans les anciennes civilisations méso-américaines, notamment les Aztèques. Ces peuples indigènes avaient pour tradition de célébrer leurs défunts au moyen de festivités, marquant ainsi leur profond respect pour la fin de vie et leur croyance en l’au-delà.

Dans la vision indigène répandue en Amérique Latine, cela symbolise également le retour temporaire des âmes des défunts au moment de la fin de la récolte du maïs. Ces défunts retournent dans le monde des vivants, pour célébrer la fin des récoltes avec leur famille et se nourrir des aliments offerts en leur honneur.

Avec l’arrivée des Espagnols en Amérique Latine, au XVIe siècle, ces traditions indigènes ont fusionné avec les rites catholiques de la Toussaint, fêtée le 1er Novembre, selon le calendrier de l'Église Catholique.

En effet, ces deux célébrations coïncidaient en terme de dates, et en particulier celles des jours les plus importants de la fête indigène appelée « Xocotl Huetzi » qui par la suite a donné naissance au Día de los Muertos, une célébration qui combine aujourd'hui des éléments de croyances aztèques et catholiques.

 

Quels sont les pays qui célèbrent le jour des morts ?

Bien que le Mexique soit le pays le plus connu pour ses célébrations du jour des morts, d'autres pays d'Amérique Latine ont également des traditions similaires pour honorer leurs défunts.

 

La fête des morts au Mexique

Au Mexique, le Jour des Morts ("Día de los Muertos") est célébré les 1er et 2 novembre. Les familles créent des autels ("ofrendas") ornés de photos, de bougies, de fleurs de souci (reconnaissables à leur couleur orange), et de nourriture pour accueillir les âmes des défunts.

Elles utilisent également des objets traditionnels et des friandises décorées en forme de tête de mort, symbolisant les célébrations festives de la vie et de la mort.

Traditionnellement, les familles se réunissent autour des tombes de leurs défunts pour célébrer et chanter, souvent pendant toute la nuit.

 

La fête des morts au Salvador

Au Salvador, le Jour des Défunts ("Día de los Difuntos") est célébré principalement le 2 novembre.

Les familles visitent les cimetières, nettoient les tombes et déposent des fleurs et des offrandes alimentaires pour honorer leurs proches disparus.

La fête des morts en Bolivie

En Bolivie, la Fête des Crânes ("Fiesta de las Ñatitas") est célébrée début novembre.

Les familles gardent les crânes de leurs ancêtres et les décorent avec des fleurs et des cigarettes, selon la croyance qu'elles apporteraient protection et chance.

La fête des morts au Guatemala

Au Guatemala, le Jour des Morts est marqué par la fabrication de cerfs-volants géants ("barriletes") qui sont censés permettre de communiquer avec les esprits des morts.

Les cimetières sont également décorés avec des fleurs et des offrandes.

La fête des morts en Espagne

En Espagne, bien que les célébrations soient principalement catholiques, le Jour des Défunts ("Día de los Difuntos"), le 2 novembre, est une journée de prière et de recueillement pour les défunts.

 

Cette vision de la mort comme une continuation de la vie se reflète dans les festivités colorées, la musique, la danse et les récits partagés.

 

Comment célèbre-t-on la fête des morts au Mexique ?

Les familles passent la nuit du 1er au 2 novembre à veiller dans les cimetières, partageant des repas et des souvenirs des défunts, dans une atmosphère à la fois festive et recueillie.

En général, le 1er novembre, compte tenu des traditions chrétiennes, est dédiée à la célébrations des Saints et des enfants disparus. Le 2 novembre, c'est celui des "Fieles difuntos", littéralement les Fidèles Défunts, c'est-à-dire les adultes disparus.

Même si ce sont des éléments communs dans le pays, selon la région où l'on se situe au Mexique, il existe différentes manières de célébrer la fête des morts.

 

Un spectacle haut en couleurs et riche en symbolisme

Les familles installent des autels commémoratifs dans leurs maisons, décorés avec des éléments symboliques tels que :

  • Les Roses d'Inde ("cempasúchil") : utilisées pour guider les âmes vers les autels.

  • Les offrandes alimentaires : comprenant des plats préférés des défunts, du "pan de muerto" (pain des morts, un pain sucré typique au Mexique), les "calaveritas de azúcar" (bonbons de sucre en forme de crânes) et des fruits.

  • Les bougies et l’encens : pour guider les esprits et purifier la maison.

 

Les célébrations de Mexico, la capitale

À Mexico, la capitale du Mexique, les célébrations du jour des morts sont grandioses et publiques. Le Zócalo, la place principale, se transforme en un vaste espace de commémoration avec des autels gigantesques et des expositions d’art.

En octobre et novembre, de nombreux événements culturels liés au « Jour des Morts » ont généralement lieu dans toute la ville. La parade des “Catrinas”, où des milliers de personnes se déguisent en squelettes élégants, est l’un des événements les plus attendus.

Les musées et les espaces culturels organisent des expositions spéciales sur les traditions du “Día de los Muertos”, attirant des visiteurs du monde entier. Des figures culturelles nationales, comme Frida Kahlo sont souvent honorées et commémorées pendant ces célébrations.

 

À Oaxaca, les célébrations les plus authentiques

Oaxaca est renommée pour ses célébrations intenses et authentiques, qui reflètent profondément la culture mexicaine. Les familles créent des autels élaborés dans leurs maisons et les cimetières sont ornés de fleurs de cempasúchil (les roses d'Inde), de bougies et de nourriture.

Les marchés locaux se remplissent de sucreries, de figurines en sucre et de pan de muerto (pain des morts). Les autels sont généralement décorés d'une nappe blanche qui est ensuite recouverte de fleurs colorées, d'aliments, de bougies, d'images et d'autres éléments colorés.

Ces autels comportent généralement sept marches dont chaque marche représente une étape ou un voyage à travers différents aspects de la vie, de la fin de vie et de la spiritualité.

 

Dans le Michoacán, les célébrations nocturnes

Parmi les régions du Mexique, l'État du Michoacán se distingue par sa célèbre île de Janitzio, qui regroupe un grand nombre de rituels et de groupes jouant des musiques traditionnelles pour cette fête qui a également gagné en popularité touristique.

L'île de Janitzio, située dans le lac de Pátzcuaro, est célèbre pour ses célébrations nocturnes. Les habitants, appelés les Purépechas, décorent les tombes avec des arcs de fleurs et des bougies, créant une atmosphère mystique et lumineuse.

Les familles passent la nuit au cimetière, priant et partageant des histoires sur les défunts. La danse des pêcheurs, avec leurs filets éclairés par des lampes, est lui aussi un spectacle fascinant à observer.

 

À Aguascalientes, un festival très spécial

Entre fin octobre et début novembre, Aguascalientes accueille le "Festival de las Calaveras", un événement culturel majeur qui célèbre la fête des morts avec des spectacles de danse, de musique et d’art.

Les rues sont décorées avec des crânes géants et des autels publics. Les parades colorées, les feux d'artifice, et les représentations théâtrales attirent des milliers de visiteurs chaque année.

Ce sont quelques-unes des traditions qui se démarquent au Mexique, mais il en existe bien d'autres qui, combinées aux traditions locales et traditionnelles, peuvent apporter des expériences uniques dans les milliers de districts de ce pays.

 

En honorant les défunts avec joie et couleurs, ces traditions nous invitent à réfléchir sur la mortalité et à célébrer les vies de ceux qui nous ont précédés.

 

Pourquoi la fête des morts au Mexique est-elle joyeuse ?

Contrairement à de nombreuses cultures où la fin de vie est perçue comme un événement sombre et triste, au Mexique, la fête des morts est une célébration joyeuse de la vie et de la mémoire des défunts.

Cette attitude positive est enracinée dans la croyance que les défunts ne sont jamais vraiment partis tant qu'ils sont rappelés et remémorés par les vivants.

La philosophie derrière cette fête est de ne pas pleurer les défunts, mais de célébrer leur vie et de se rappeler des moments heureux passés avec eux.

Cette vision de la mort comme une continuation de la vie se reflète dans les festivités colorées, la musique, la danse et les récits partagés.

 

Célébrer la vie, même après la mort

Le "Día de Muertos" et les célébrations de la fête des morts en Amérique Latine sont des manifestations culturelles profondes et significatives. Elles rappellent que la fin de vie est une partie intégrante de la vie.

En honorant les défunts avec joie et couleurs, ces traditions nous invitent à réfléchir sur la mortalité et à célébrer les vies de ceux qui nous ont précédés.

En explorant ces pratiques fascinantes, nous découvrons non seulement des rituels uniques, mais aussi une philosophie de la vie et de la mort qui nous encourage à apprécier chaque moment et à garder vivante la mémoire de nos êtres chers.

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La fête des morts au Salvador

Le Salvador, qui présente de nombreuses similitudes avec les traditions mexicaines, célèbre également le « Día de los muertos ».

Bien que le 2 novembre soit le jour de la célébration, de nombreux Salvadoriens commencent les préparatifs dès le 1er novembre. Dans cette région, l'accent est mis sur la propreté : le nettoyage des maisons, des tombes et des autels fait partie des rituels.

Les familles décorent également les tombes de leurs proches avec des fleurs, des bougies et des offrandes.

Les plats traditionnels comme les tamales (plats préparés à base de farine de maïs et cuits à la vapeur dans des feuilles de maïs), les hojuelas (patisseries traditionnelles au miel) et les pupusas (gâteaux ou pain épais fait de semoule de maïs ou de farine de riz) sont préparés et souvent partagés près des tombes.

Il est également courant de voir des mariachis jouer les chansons préférées des défunts dans les cimetières.

La fête des morts au Guatemala

Dans le pays frontalier, les Guatémaltèques organisent également leurs festivités à ces dates, tous les 1er et 2 novembre.

Les familles visitent aussi les cimetières pour nettoyer et décorer les tombes avec des fleurs et des bougies, mais ici la création de plats artistiques colorés se démarque des pays voisins.

Le vol des cerfs-volants géants à Sumpango et Santiago Sacatepéquez est l'une des traditions particulières de ce pays. Ces cerfs-volants, parfois mesurant plus de 20 mètres, sont fabriqués à la main et symbolisent la communication avec les esprits des défunts.

Les Guatémaltèques préparent également des plats traditionnels comme le fiambre, une salade composée de divers ingrédients (parfois jusqu'à 50), et partagée en famille.

La fête des morts en Bolivie

En Bolivie, les ñañitas ont le rôle principal pour ces dates. Les ñañitas sont des crânes humains, souvent décorés de fleurs, des lunettes ou de chapeaux, et sont apportés aux cimetières pour recevoir des bénédictions.

Dans ce pays, la date change. Les ñañitas sont généralement décorées le 7 novembre et emmenées au cimetière le 8, soit sept jours après la cérémonie catholique de la Toussaint, fêtée le 1er novembre.

Les familles croient en l'idée que les ñañitas offrent protection et chance. Des prières et des cérémonies sont organisées pour honorer les morts et les esprits.

Les célébrations incluent également la préparation de plats traditionnels tels que le tanta wawa, un pain en forme de poupée, symbolisant les âmes des enfants.

 
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