Faites connaissance avec Ilona Huynh, la fondatrice et CEO de Sool
L’équipe de Sool se dévoile à travers cinq questions, sur le plan personnel comme professionnel. Aujourd’hui, c’est au tour d’Ilona Huynh, la fondatrice et CEO de Sool, de se prêter à l’exercice. Une histoire d’expérience, d’idée, de vision, de détermination et d’optimisme.
Ilona Huynh est la fondatrice et CEO de Sool.
Comment as-tu eu l’idée de lancer Sool ?
J’ai accompagné mon père dans sa fin de vie pendant un an. Atteint d’aphasie suite à un AVC, nous communiquions par le regard, sans possibilité de comprendre les éléments de sa vie et ses dernières volontés, qu’il n’avait pas entièrement transmises.
S’en est suivie une période douloureuse de deuil, accentuée par les difficultés administratives, où je cherchais dans ma mémoire tous les mots échangés avec mon père.
L’été qui a suivi sa mort, j’ai tout lâché pour partir marcher de Paris à Saint-Jacques de Compostelle. J’ai eu 2 200 kilomètres pour réfléchir à comment, du pire, je pouvais tirer le meilleur, et c’est revenant de mon périple que Sool est née.
Quelles seraient tes dernières libertés ?
Pour Sool
Je voudrais que ce projet appartienne à ses futur(e)s utilisateurs et salarié(e)s et qu'eux-mêmes transmettent leur volonté de vivre libre, à d'autres.
Pour mes biens
Je voudrais qu'ils soient transmis à la communauté, par le biais d'associations à visée éducative ou d'une fondation pour l'éducation. Car pour moi, c'est par la connaissance qu'on abat toutes les barrières qui nous empêchent d'être libres.
Pour mon corps
Je voudrais donner mes organes pour être ensuite transformée en diamant et vendue aux enchères ! Pour que les fonds soient aussi reversés à des projets éducatifs.
Comment Sool t’a accompagné dans ton deuil ?
Face à mon père, et sur le chemin de Saint-Jacques, j’ai compris que tout pouvait s’arrêter en un instant.
J’ai décidé de radicalement changer ma manière de vivre, pour être entièrement tournée vers la vie, les moments d’amour avec ma famille et d’affection avec mes proches.
Et surtout utiliser mon temps de vie et mon énergie pour une mission : penser la fin de vie et le deuil autrement.
Quel élément de Sool est le plus essentiel selon toi ?
Je distingue l'essentiel et l'utile ! Et je cite les 4 briques actuelles, parce que j'exclue catégoriquement de consacrer mon énergie à faire quelque chose de non-essentiel ou d'inutile !
La possibilité de laisser des messages est celle qui me touche le plus personnellement, compte-tenu de mon histoire.
Un contenu culturel qui évoque le deuil ou la fin de vie et qui te touche ?
Quand j'étais petite, mon père me citait sans cesse des passages de littérature classique. Candide, de Voltaire, en faisait partie, et aujourd'hui, j'ai enfin compris son abnégation à me parler de ce livre !
Malgré la morale du livre et toute l'adversité du monde, les catastrophes ou les douleurs individuelles, je considère l'optimisme raisonné comme le seul choix conscient que nous pouvons faire pour avancer.
Et le travail est une manière de concrétiser ce choix. Ce livre me rappelle tous les jours que dans la fin de vie et le deuil, la question centrale est de vivre la vie, sous toutes ses formes.